top of page

Articles

Mélisa Rachel Ecrivaine 1.JPG

Devenons le Tout dans l'Instant Présent,

Conscientes de n'être qu'un fragment infime du temps.

Mélisa Rachel

Le mouvement est un chemin de Conscience. Sur cette page, je partage avec vous quelques une des prises de conscience qu'il m'offre.

Pouvoir

Février 2024

Mélisa Rachel Courage.jpg

J’ai entrepris il y a quelques semaines, avec une coach, un travail sur mes valeurs profondes, le but étant d’aligner mon activité professionnelle sur celles-ci.

Ma coach m’a reflété quelque chose qui me revient souvent de l’extérieur, une vision de moi comme « courageuse ».

Moi ce n’est pas ce mot qui résonnait le plus. C’était le mot POUVOIR. Le pouvoir sur soi. Je suis déterminée à avoir du pouvoir sur moi-même… D’autant plus parce que j’en ai tant manqué.

C’est quoi manquer de pouvoir sur soi ? C’est se laisser agir par nos blessures et ne rien faire d’efficace pour s’en libérer. Quand je suis agie par ma blessure d’abandon par exemple, je ne décide plus de ce que je fais et dis. Je me vois agir en sachant que ce n’est pas pour le meilleur mais je ne peux tout simplement pas faire autrement. C’est plus fort que moi. La blessure est trop forte.

Mais ce n’est pas une fatalité. A force de plonger en moi et d’accueillir tout ce qui s’y passe en conscience, beaucoup de choses ont bougé. Certaines situations qui me faisaient perdre le contrôle jadis, ne m’éveillent plus aucun malaise aujourd’hui. Et comme la valeur pouvoir est essentielle pour moi, j’avance chaque jour un peu plus vers une vie qui me ressemble vraiment.

Alors pourquoi cette citation ? Simplement pour nous inviter à observer nos petites et grandes lâchetés du quotidien. Quand au lieu d’avoir le pouvoir sur nous-mêmes, nous nous laissons agir année après année par nos blessures et la facilité de ne pas nous voir dans le miroir que nous tend le monde.

Car, en effet, il faut du courage pour regarder en face nos failles, et nos blessures. Mais c’est la seule façon de récupérer le pouvoir sur notre vie.

Et du courage, ce Bob, il en avait !

Dans cette phrase, sachant qu’il est loin d’avoir été d’une grande exemplarité avec les – nombreuses ! – femmes de sa vie, je me dis que peut-être parlait-il de lui-même. Peut-être que cette phrase c’était le courage de reconnaître une lâcheté en lui: Le plus grand des courages.

Et il a acquis un POUVOIR sur lui et sur le monde, à la mesure de ce courage.

A l'occasion de la sortie du premier biopic qui est consacré à cet homme magnifique que j'aime depuis tant d'années, ce qui m'a frappée encore plus que le courage de Bob, que je connaissais déjà, c'est celui de Rita. Même avec toute la force et la détermination qui l'habitait lui... qu'aurait-il fait sans elle ?!

Ma responsabilité

Février 2024

Je suis en train de terminer ma formation de thérapeute ACP-Focusing. Bien que les outils d’accompagnement thérapeutique me soient parfaitement transmis à travers une pédagogie excellente, il y a un certain nombre d’autres éléments qui me dérangent profondément dans cette formation.

 

Voici pour les deux points principaux :

D’abord, le contrôle des acquis est aléatoire. Chaque membre peut passer en deuxième année sans avoir validé la première, un membre peut même intégrer la deuxième année sans avoir fait la première, en fait n’importe qui peut arriver à n’importe quel moment, manquer des modules, partir, revenir. Et lors de la dernière session de formation, nous avons accueilli une personne qui venait découvrir le focusing. Elle a passé deux jours avec nous. Tout cela mit bout à bout a pour conséquence, à mes yeux, que nous en sommes encore, dans les échanges en grand groupe, aux questions de bases, les mêmes qu’il y a un an. Celleux qui ont le moins acquis les principes de bases sont naturellement celleux qui posent le plus de questions et donc les temps en groupe sont presqu’exclusivement réservés aux notions de bases, encore et encore. De mon côté, je me suis énormément investie, j’ai rendu tous les travaux en temps et en heure, validé tous mes comptes-rendus d’entretien, raté aucun module, fait toutes les lectures et pratiqué énormément entre chaque session. Du coup, je passe maintenant beaucoup de temps à attendre et à m’ennuyer au sein du groupe. Je continue à apprendre énormément dans les pratiques à deux ou trois mais les temps en grands groupes (ils sont quand même nombreux), sont devenus inintéressants pour moi. Alors je reste là, à attendre, à m’ennuyer, et à me tendre à l’intérieur. Je ne me sens pas à ma place, j’ai le plexus solaire qui chauffe. Chaque nouvelle question me fait pousser un grand soupire intérieur et ajoute encore à ma tension. Je dois faire taire tout ce qui en moi est prêt à apprendre plus, à aller plus loin, à m’ouvrir de nouveaux espaces intérieurs.

Ensuite, la formation a lieu dans une auberge de jeunesse accueillant entre autres des réfugiés. Il y a une grande télé dans le couloir, à côté de la machine à café. Le plus souvent elle marche à fond. L’année dernière on était dans la grande salle qui donne directement sur le couloir, on entendait donc la télé pendant les temps de formation. Maintenant on ne l’entend plus de la salle où on pratique. Il y a eu une session où un mec venait nous brancher à chaque pause en mode « salut les filles, comment elles vont les demoiselles », et n’était pas content quand on ne lui répondait pas. Il y a eu deux fois de la bagarre dans l’auberge, une fois devant les vitres de notre salle de travail, une fois au réfectoire. Les salles ne sont pas nettoyées après le premier jour de formation donc au troisième jour le sol est sale, et comme on partage souvent un apéro le vendredi soir (deuxième jour), le lendemain, les petites poubelles de la salle débordent et les bouteilles vident de la veille sont posées à côté, et on travaille là, à côté des ordures et dans la poussière. Bref. Ce lieu n’est vraiment pas accueillant, ni confortable, c’est en pleine ville, il n’y a aucun lieu de ressourcement autour. Le mois dernier nous sommes deux à être parties avant la fin, ne supportant plus le manque de confort, de beauté, de propreté du lieu. Réponse de la formatrice quand on lui a annoncé qu’on ne ferait pas la dernière demi-journée : « de toute façon, il y en a toujours qui ne sont pas contents » et « c’est intéressant d’observer comment on peut être bien dans tous les endroits ou pas »…

 

Après la dernière session, j’ai donc passé mon temps à ressasser tout ce qui n’allait pas dans cette formation, à me dire que je n’y remettrai plus les pieds, malgré tout ce que j’y apprend dans les pratiques à deux. J’ai tourné en boucle dans ma tête pendant dix jours en mode : « Ce lieu est totalement révélateur d’un manque  de respect pour les étudiants. Il n’y a pas de considération pour nous » et « Ce nivellement par le bas, j’en peux plus. C’est totalement absurde ce système qui laisse rentrer tout le monde n’importe quand, sans aucune structure. Ca devrait pas être comme ça ».

Ces boucles mentales ont fait leur show dans ma petite tête pendant dix jours puis quelque chose s’est passé… L’énergie de reproche s’est épuisée et a fini par laisser la place à : « Bon, je dis tout le temps que je créé ma propre réalité, c’est moi qui ai atterri là, personne ne m’a forcée à me retrouver ici, j’y suis arrivée toute seule comme une grande. Je ne me suis pas amenée dans une formation où les acquis sont vérifiés au sein d’un cadre qui garantit l’avancée du groupe et d’un lieu ressourçant où je ressens l’harmonie autour de moi. Alors pourquoi ? ».

Et là, tout à coup, j’ai vu : La valeur que je ne me donne pas. Ce lieu inconfortable et disharmonieux, c’est l’exact reflet de la valeur que je me donne. J’ai vu ce qui en moi croyait ne pas mériter mieux. Et il y avait un autre élément : Je crois encore qu’il faut souffrir pour grandir, que l’éveil de conscience ne peut pas se faire dans la beauté et l’harmonie, il faut du chaos.

Puis je me suis dit : Puisque ce groupe ne me permet pas d’évoluer à mon niveau, qu’est-ce qui en moi ne me permet pas d’évoluer à mon niveau ? J’ai voulu connaître la vraie réponse à cette question. Je n’ai pas « réfléchi », j’ai laissé venir, en auto-focusing, j’ai fait le chemin. Et cela m’est apparu très clairement. Je ne me valide pas moi-même tout le chemin de désidentification que j’ai effectué. Je ne me valide pas que j’ai entrepris ce chemin à l’âge de vingt ans (après avoir épuisé, depuis l’âge de douze ans toute la littérature psy et développement personnel que j’ai pu trouver), que j’ai cherché, à partir de cet âge, le bouton « off » de mon mental pour entendre les courants profonds qui me traversent, pour devenir consciente de mes croyances profondes, très souvent l’exacte inverse de ce que je crois consciemment. Je ne me valide pas que j’ai vécu, encore et encore et encore, des expériences d’éveil où je me suis sentie transpercée par l’Amour, de plein de manière différentes, avec toujours le point commun de me plonger dans une confiance absolue envers la vie. Je ne me valide pas mes quinze ans de danse consciente à attendre le mouvement « juste », à voir passer tous les mouvements de surface, d’identification, de fausses croyances, d’émotions, puis à laisser être le vrai en moi, dans mon corps, dans chacun de mes gestes, m’ont fait grandir en conscience.

En focusing, on appelle ce voyage au sein de nos différentes couches intérieures « l’holo-mouvement ». Je ne l’appelais pas comme ça avant mais je le pratiquais, depuis quinze ans. Je le pratique depuis quinze ans. J’ai vu les innombrables pièges que me tend mon égo pour m’éviter de sentir ce qui est vrai en moi. J’ai vu, et bien souvent pris, tous les chemins de traverse qu’il me tendait. Après probablement des milliers d’heures à faire cela, je connais le bouton maintenant. Je l’ai trouvé. Je sens sur commande désormais où ma conscience se situe, d’où vient le mouvement qui me traverse. Alors quand j’entends des heures de conversation sur « c’est quoi cet holo-mouvement », « quels sont les différents niveaux qui l’habitent », « mais est-ce qu’on peut pas s’égarer là-dedans », « comment je reconnais si c’est un mouvement vrai ou si c’est mon mental qui me raconte des choses » et « la présence c’est quoi » en étant en position d’apprenante, hé bien je m’ennuie, profondément. Tout ce que j’ai envie de partager de mon expérience, de mon exploration, de mes égarements, des subtilités de ma psyché de j’ai découvertes, des plans tordus de l’égo pour nous maintenir dans son tout petit monde, ne peut pas s’offrir car je ne suis pas en position d’enseignante. Je suis censée être apprenante, de chose que je sais déjà.

Et là où je suis, cette formation, ne me porte pas plus haut, pas dans les échanges en groupe. Elle m’apprend à accompagner les personnes en séances individuelles. A travers chaque pratique de l’ACP et du focusing à deux ou trois, elle me permet de poursuivre mon chemin intérieur, de grandir en conscience, de me défaire encore de fausses croyances, de traumas.

Mais en groupe, elle ne m’apprend presque plus rien.

A part cela : Il est temps que JE ME VALIDE dans ma position d’ENSEIGNANTE de la conscience, de la désidentification, de l’Amour.  

Et il est temps que je valide que je peux continuer à grandir en conscience, sans souffrir, dans la joie, la beauté et l’harmonie.

Alors… Pourquoi cet article s’appelle « Ma responsabilité » ? Hé bien, parce que dès lors que j’ai vu en moi le reflet exacte de ce que je croyais n’exister qu’à l’extérieur de moi, il m’est apparu comme une évidence que cette formation était absolument parfaite pour moi, exactement telle qu’elle est. C’est le cadre dont j’avais exactement besoin pour identifier et transformer ce qui me freinait à l’intérieur de moi. A partir de ce point de vue, je n’arrive plus à voir qu’il y a des problèmes dans cette formation. Je vois toujours le nivellement par le bas et l’inconfort du lieu, mais je reconnais que cela est parfait, que sans cela, je n’aurais pas grandi en conscience là où j’avais besoin de grandir, je n’aurais pas éclairé les zones en moi qui avaient besoin de lumière.

J’ai vécu de l’intérieur, en direct, qu’en prenant la pleine responsabilité de là où je suis, en annihilant (au moins pour un moment) la pensée que l’autre est responsable de quoi que ce soit qui me concerne, je me libère. J’ai tout à coup le pouvoir de transformer les choses. Tant que je suis coincée dans « c’est l’autre qui devrait faire/être autrement », je me sens victime, et tant que je me sens victime, les solutions ne m’apparaissent pas. Dès lors que je me responsabilise, les solutions m’apparaissent, et elles n’ont même pas besoin de l’autre pour s’appliquer.

Tant qu’il y aura sur Terre une personne qui ne se valide pas dans ses compétences, il y aura l’exacte contexte pour exemplifier cela. Chaque partie est indissociable de l’autre. Pour simplifier encore plus : Tant qu’il y aura une victime, il y aura un bourreau pour lui montrer qu’elle est victime. Et cela se décline à l’infini, pour les actes les plus graves.

Les bourreaux auront donc bon ton de retourner cette vérité contre leur victime en mode « c’est intéressant de voir pourquoi tu as besoin d’être dans un endroit sale. Et comme c’est intéressant, je ne suis en aucun cas responsable d’avoir choisi ce lieu pour donner mes formations »  et ainsi continuer de jouer parfaitement leur rôle… Mais attention : Le fait que l’un (la victime) ait besoin de l’autre (le bourreau), n’empêche aucun des deux de se retirer du jeu à n'importe quel moment.

Ainsi nous serons, un jour, tous libéré-e-s.

Pour ma part j’ai décidé de terminer ma formation, parce que j’apprend énormément dès qu’on pratique, parce que c’est bientôt fini et parce que j’ai besoin d’aller au bout de ce que j’ai entrepris, parce qu’aussi j’y ai rencontré des personnes magnifiques dont l’amitié et la conscience me nourrissent profondément.

Et maintenant que je ne crois plus qu’il faut souffrir pour grandir et que je me valide mon propre chemin intérieur, si ça se trouve, je vais percevoir les choses d’une toute autre manière… Prochaine session dans un mois.

Aimes-toi j’te dis !

Ou la tyrannie du développement personnel.

Janvier 2024

« Quand tu t’aimeras tu trouveras l’amour. »

« Comment veux-tu être aimée si tu ne t’aimes déjà pas toi-même. »

 

Ca vous ai déjà arrivé d’avoir envie d’envoyer bouler la personne qui vous sort ce genre de phrase ? Moi oui, souvent. Mais pourquoi donc? Parce que : « j’y arriiive pas bordel !! ».

On peut toustes être tentées de prêcher ce genre de phrases toutes faites, sur un ton dégoulinant de bonnes intentions… celles dont l’enfer est empli -  tant qu'on n'a pas fait le chemin. Car cellui qui a fait le chemin du véritable amour de soi SAIT à quel point il est ardu, à quel point il peut nous laisser impuissant-e-s devant une montagne bien trop difficile à franchir, à quel point il ne suffit pas de le vouloir, et à quel point il prend DU TEMPS ! Iel connait la violence ressentie face à ces injonctions simplistes lorsqu’elles sont reçues dans un espace de non-amour de soi qui nous dépasse. Que font-elles, ces belles phrases, à part nous faire nous sentir ENCORE PLUS nul-le-s. Bah oui, tout à coup je ne suis plus seulement nulle de ne pas réussir à être aimée, en plus, je suis nulle de ne même pas réussir à m’aimer moi-même… Vraiment, il n’y a plus rien à faire pour moi !

Asséner à quelqu’un-e (ou à nous-même) qui souffre « t’as qu’à t’aimer » ou toute autre formule mieux enrobée de soit-disant bienveillance, est l’exemple même du non-amour. Car qu’est-ce que l’amour ? C’est l’ACCUEIL DE CE QUI EST. Lorsque je suis dans mes abîmes de non-amour, de quoi ai-je besoin ? D’ACCUEIL, LA OU JE SUIS, pas la où je devrais être dans le meilleur des mondes, pas là où les apôtres du développement personnel ont dit que je devrais être. LA OU JE SUIS. DANS MA REALITE PRESENTE. C’est là que j’ai besoin d’être aimée. Là que j’ai besoin de m’AIMER, de m’ACCUEILLIR. Le premier acte d’amour de moi est d’accueillir avec douceur ces espaces où je me déteste, où je me critique, où je me rejette. Le premier acte de non-amour est de me mettre une pression à être ailleurs, à être AUTRE CHOSE que ce que je suis en cet instant.

Entendre toute l’ampleur de ma détestation de moi-même et consoler cette part de moi qui souffre tant de se rejeter elle-même. L’écouter, la choyer, la laisser pleurer sur mon épaule, et lui murmurer « oui, je comprends », sont des actes d’AMOUR.

 

Alors, pour éviter la confusion, plutôt que de vouloir absolument s’AIMER, si on s’ACCUEILLAIT, si on s’ECOUTAIT, exactement tel-le que nous sommes, là, maintenant ?

 

Comment vous êtes, vous, là maintenant ?

« C’est aux femmes de ramener les hommes vers leur cœur »… Ah bon ?

Octobre 2023

Parfois dans mes intériorisations, des êtres viennent m’enseigner. C’est arrivé il y a quelques jours. J’étais en méditation sur mon besoin de solitude. Un être profondément bienveillant est alors apparu. Il m’a prise par la main avec beaucoup de douceur. J’ai senti son intention dans mon cœur. En mots, cela aurait donné cela : « vient voir, il y a quelque chose que tu ne comprends pas encore. Je vais te montrer. Viens voir la souffrance des hommes ». Et il m’a emmené au cœur de la souffrance particulière des hommes. J’ai résisté. Quelque chose en moi refusait catégoriquement d’admettre que les hommes puissent souffrir. Consciemment pourtant, je le savais depuis longtemps. Mais intérieurement je le refusais. Le Grand Être Bleu (c’est comme ça que je l’appelle car je le visualisais grand et entièrement bleu), avec toute sa douceur, m’a amenée à laisser tomber mes défenses et à accepter de plonger dans la souffrance des hommes.

Il m’a montré deux choses : la guerre et la psychiatrie. Des hommes devenus fous à force d’être forcé de tuer et de ne pas avoir le droit de ressentir. Il m’a montré que ces deux éléments sont propres à l’inconscient collectif masculin. Ils n’existent pas dans celui des femmes. Le Grand Être Bleu m’a montré que dans toute la domination des hommes sur les femmes depuis des millénaires, ce sont eux qui ont finalement vécu le pire : la coupure totale d’avec leur cœur, d’avec l’Amour. Nous n’avons pas eu le droit de nous réaliser en tant qu’êtres indépendants, c’est encore à bien des endroits le cas aujourd’hui. Nous, les femmes, avons été bafouées dans notre intégrité de milliers de façons différentes. Mais nous avons eu le droit de ressentir, nous n’avons pas été forcée de tuer et – c’est le dernier élément et peut-être le plus important – nous avons eu la maternité. Ma vision me montrait une mère avec son enfant et le lien d’amour qui a été sauvegardé à cet endroit pour les femmes. Par la maternité nous avons pu garder un lien à l’Amour et à nous-mêmes, alors que les hommes non. C’est pour cela que c’est à nous aujourd’hui de les guider à nouveau vers leur cœur.

Avant cet enseignement par le Grand Être Bleu, cette phrase que j’entendais à beaucoup d’endroits dans différentes versions mais avec toujours la même idée : « C’est aux femmes de guider les hommes vers eux-mêmes, vers leur cœur, vers la Conscience, vers l’amour, vers le sexe éveillé » ne me convenait pas. La féministe en moi répondait « Et pourquoi ce serait encore à nous de faire le boulot, on n’en fait déjà pas assez ?! Ils vont bien se responsabiliser un peu, on va pas encore les prendre par la main ». Hé bien si. Car nous avons un avantage, que nous avons toujours eu, et qui ne va pas avec le discours féministe. Il n’en est pas moins indéniable. Le sort des femmes à travers le monde a été et est toujours à plein d’endroits -physiques et psychologiques - terrible. Mais le pire de tout est de ne pas pouvoir aimer, ne pas pouvoir ressentir, ne pas pouvoir choyer, d’être forcé à tuer. C’est cela que portent les hommes. Alors il est juste qu’ils passent par nous pour retrouver leur cœur.

Cela ne signifie pas que nous devions les « éduquer », les abreuver de la bonne parole, de ce que nous pensons avoir compris. C’est en incarnant la Conscience qui mène à l’accueil et l’acceptation de toutes les parts de nous et en interagissant avec eux à partir de cette présence ouverte à nous-même et à l’autre que nous les aideront à ouvrir cette porte en eux. Il s’agit d’Être l’amour, non de le prêcher. Si nous l’incarnons pleinement, par nous-mêmes, parce que nous le pouvons plus facilement, nous deviendrons les canaux énergétiques auprès desquels les hommes pourront à nouveau se relier à leur cœur, les sources où ils pourront s’abreuver. Nous leur faciliterons la tâche, parce qu’elle est moins difficile pour nous qui ne portons pas l’inconscient collectif masculin.

Alors oui, c’est vrai, c’est à nous, les femmes, de faire le chemin d’abord vers notre cœur et vers la Conscience, afin qu’à force de vibrer l’Amour, et d’offrir cette vibration, l’esprit et le cœur des hommes se ressoudent.

Alors réunifiés ils magnifieront leur nature véritable. Ils redeviendront des pourvoyeurs de biens et d’Amour, des protecteurs. Dans ma vision j’ai vu cet homme réunifié à lui-même revenir au près de la mère et de l’enfant les entourer de ses bras aussi doux que solides. Et je voyais autour de lui des centaines de fruits, symboles de la nourriture tangible, physique qu’il apportait.

Et enfin, ma vision comportait une dernière partie, sur l’équilibre des polarités entre l’homme et la femme. Je me voyais dans une sorte de grande maison avec toute une partie habitée et une autre qu’il fallait laisser vide. C’était comme une grande salle de danse. Un mouvement en moi me poussait à occuper cet espace. C’était un mouvement enfantin, celui d’une petite fille qui veut s’imposer partout. Mais le Grand Être Bleu me disait, toujours avec une douceur et un amour infini : « non, tu dois laisser cet espace vide. C’est celui que prendra l’homme lorsqu’il arrivera. » et il me tendait un grand miroir que je devais diriger vers la grande salle. « Cet espace permettra deux choses : 1. L’homme qui souhaitera entrer dans ta vie aura un endroit où apporter ses fruits, un endroit où il se sentira utile et où il pourra voir son utilité dans le miroir que tu lui tends. 2. T’entraîner à laisser cet espace vide te permettra à toi, lorsqu’il sera occupé par un homme, de ne pas empiéter sur ce qu’il souhaite apporter dans la relation. Cela t’évitera l’erreur de tant de femmes qui se laissent emporter par leur tendance au contrôle de l’autre. Tu pourras ainsi le laisser libre de ses initiatives pour lui-même et pour vous. Ton travail à toi sera d’accueillir cela et de t’en laisser nourrir. » A ce moment de la vision, je me suis sentie emplie de la tête aux pieds de ce que j’appelle la fréquence du Recevoir.

Laisser sa coupe ouverte pour recevoir sans autre action qu’accueillir est bien plus difficile qu’on ne pourrait le penser. La plupart d’entre nous ont beaucoup de difficulté à le faire. Il est bien plus facile d’agir, de donner, de produire, que de recevoir. Cette fréquence est intrinsèquement féminine. Et ce n’est pas de la passivité. La passivité est fermée et aveugle. La Réception est grande ouverte avec tous ses sens éveillés. C’est l’essence de la féminité.

Être mise en boîte

Septembre 2023

Au début de l’été j’ai participé à un séminaire dans lequel j’ai eu plusieurs occasions de danser. L’une d’elle était la soirée festive du dernier jour. A un moment une chanson très aérienne et éthérée est passée et j’ai laissé mon corps y répondre en déployant mes bras, mes ailes et en m’étirant vers le ciel. Une personne le lendemain m’a dit « ahlala, quand tu danses, t’es très aérienne, j’adore ». Elle a été touchée par une danse et elle a conclu que toutes mes danses sont ainsi. Ce qui est encore plus intéressant c’est que cette personne était présente aussi lors des autres danses, celles sur des rythmes africains où je tapais des pieds par terre la colonne penchée en avant…. Bien dans la terre ! Sa généralisation n’est donc pas venue de ce qu’elle a vu, mais de ce qui a le plus retenu son attention, dans ce cas, ce qui lui a plu. C’est donc une généralisation d’une impression positive…

On m’a aussi souvent imposé un reflet de moi basé sur une généralisation négative. Des personnes qui m’ont vue pendant des jours avenante, souriante, le cœur ouvert, m’ont tout à coup catégorisée « tigre » ou  «  colérique » après un évènement qui a ouvert l'énergie de colère en moi. Ne pouvant prendre du recul sur cette énergie de colère exprimée, même pas dirigée directement contre elle-eux, leur esprit s’est focalisé dessus et a effacé tout le reste pour conclure « Mélisa est colérique ».

Comme pour la danse « aérienne », la colère a occupé, dans le temps total du lien, un tout petit bout, disons 5%. Mais l’esprit ne retient pas la vérité, il retient ce qui vient le chercher, l’animer, le cueillir. Cette personne qui a aimé ma danse aérienne vibrait avec cela et c’était bon pour elle. Alors elle l’a retenue au-dessus de tout le reste. Ces personnes qui ont fortement rejeté l’énergie de colère (non-exprimée vers elles-eux) vibrait avec cela et ce n’était pas agréable à ressentir. La personne qui complimente ma danse me parle d’elle, de ce sentiment aérien, léger qu'elle ressent facilement et qui lui fait tant de bien. La personne qui blâme l’expression de ma colère me parle d’elle, de ce sentiment brûlant dont elle ne veut/peut accepter la présence en elle.

Dans les deux cas, que la généralisation soit positive ou négative, elle est difficile à recevoir pour moi car je me sens découpée, obligée de correspondre toute entière à ce qui n’est qu’un tout petit bout de moi. J’ai un sentiment intense de frustration de NE PAS ETRE VUE POUR CE QUE JE SUIS : Changeante, complexe, incohérente, VIVANTE.

Avez-vous déjà ressenti cela ?

Que faites-vous pour éviter vous-même d’imposer de telles généralisations sur les personnes qui croisent votre chemin ? Arrivez-vous à prendre en compte toute leur complexité lorsqu’elles vous éblouissent, que ce soit de lumière ou d’ombre ? Arrivez-vous à ne pas les mettre en boîte ?

Reconnaissez-vous ce qui en vous vibre avec l’expression de ces personnes et vient animer votre propre beauté et votre propre ombre ?

Comme disait Rogers il y a soixante ans : "Une personne est un processus vivant, pas une entité fixe et statique" (Le Développement de la Personne).

Aborder une personne (ou soi-même !) à partir d'une idée figée, définitive, que l'on a sur elle c'est non seulement la réduire à infiniment moins que ce qu'elle est, mais c'est aussi l'empêcher d'évoluer.

Me tenir droite, seule

Septembre 2023

J’ai trop entendu « il faut d’abord que tu trouves ton bonheur en toi-même avant de le remettre dans les mains d’une autre personne », sous-entendu un homme. De manière assez intéressante, ces phrases venaient surtout d’amis, majoritairement des femmes mais pas que, célibataires au profil évitant. Iels étaient seul-e-s parce qu’iels ne parvenaient pas à s’ouvrir à une relation amoureuse ou pas assez durablement. Ce discours leur allait donc bien. Iels se targaient d’être heureux-se seul-e-s alors que cette pensée leur servait surtout à justifier la fermeture de leur cœur en grapillant au passage un sournois sentiment de supériorité.

 

Ce type d’affirmation est-il cependant tout à fait dénué de fondement ? Je ne pense pas.

 

Aujourd’hui je vis seule avec ma fille, comme depuis toujours, sauf une merveilleuse année pendant laquelle je me suis éveillée et couchée chaque jour aux côtés d’un homme que j’aimais (…sauf quand, ne supportant plus ses bouderies, j’allais dormir sur le canapé). La journée ma fille est au collège. Et, en tant que travailleuse indépendante, et à part pour des balades ou cafés en terrasses avec des amis, je suis seule. Souvent la journée entière. J’œuvre. Dans le silence de mon 50m², j’envoie des mails, je publie les infos sur mes activités, je monte des vidéos, ou je vais en tourner, j’écris des scripts. J’œuvre aussi pour continuer de me former à l’accompagnement thérapeutique : je lis et j’écris. En ce début septembre aux chaleurs estivales, j’écris actuellement en maillot de bain au bord de la rivière.

 

J’écris aujourd’hui parce qu’une question me taraude : que suis-je sensée ressentir ? Qu’est-ce que les gens « normaux » ressentent lorsqu’ils passent la plupart de leurs journées seul-e-s ? Est-ce qu’il n’y a que pour moi que c’est parfois si difficile ?

 

Car je dois vous avouer une chose. De toutes les activités citées plus haut, certains jours aucune ne m’attire. Je me sens si seule que rien de tout cela ne m’anime. Une douleur dans mon plexus me fait pleurer toute la journée ou presque. Il y a quelques mois, lors de ces journées, je me gavais de chocolat en regardant des séries. Maintenant je vais marcher. C’est déjà mieux. Mais j’ai toujours mal. Toujours mal de ne pas évoluer au quotidien avec un témoin de mon existence. Une âme qui reflèterait la mienne et dont je pourrais prendre soin, chaque jour. Pas de temps en temps, pas une fois par semaine. Chaque jour. Voilà ce que serait pour moi vivre en couple.

 

En l’absence de ce miroir quotidien, puis-je avancer ? Puis-je me tenir droite, toute seule ?

 

Dans la réalité d’aujourd’hui, souvent oui. Et parfois non. La réponse n’est-elle pas aussi simple que cela ? 

         

  « Souvent tu te sentiras œuvrer pour ce qui compte pour toi. Tu sentiras tes ailes s’étendre et tu t’endormiras un sourire aux lèvres de la joie d’être en vie. Puis parfois, sans raison apparente, tout te semblera insupportable. Ta solitude te sauteras à la gorge et tu ne pourras rien faire pour t’en défaire. Il te faudra seulement attendre. Car à un moment l’emprise se desserrera et comme s’il ne s’était rien passé ton cœur te semblera plus léger qu’il ne l’a jamais été. Mais ne t’attends pas à la linéarité. Car la vie humaine puise sa force de la dualité. Elle doit se déplacer dans toutes les sphères, les plus lumineuses et les plus sombres, pour garder son énergie. De temps en temps c’est dans tes ombres qu’elle va puiser. Sois-en reconnaissante car ainsi tu Vis. »

 

Oui. Ainsi je m’évite de devenir une productrice de phrases toutes faites destinées à me masquer mes insécurités. Ainsi je reste en lien avec tout ce qui fait la beauté de l’existence. Ainsi je me souviens que chaque âme souffre parfois, qu’elle vive seule ou en couple, et qu’il n’existe aucun baume éternel. Seulement la certitude que, sans effort, la lumière reviendra. Il suffit que je laisse la vie faire. Que je la laisse être ombre quand elle est ombre. Être lumière quand elle est lumière. Être bonne quand elle bonne, être douloureuse quand elle est douloureuse.

 

C’est cela que je voulais vous dire. Empêcher la tristesse, la colère, même la rage, d’être lorsqu’elles sont, c’est aussi empêcher la joie de revenir. Bloquer l’ombre, c’est bloquer la lumière. Car le mouvement de vie n’existe que dans son voyage à travers les forces opposées. Le bloquer d’un côté, c’est l’empêcher d’atteindre l’autre.

 

Dans la danse, lorsque la contraction est à son comble, elle touche un point qui la redirige vers l’expansion. Si j’arrête le mouvement au milieu de la contraction, il n’atteindra jamais l’expansion. La vraie. Celle que je ne peux forcer. Celle qui apparaît d’elle-même et me porte bien plus loin que ce que j’aurais pu imaginer.

Alors cessons de prétendre être autre chose que ce qui nous habite au présent. Au contraire, assumons-le. Accueillons-le. Aimons-le. Puis laissons-le se transformer.

Ainsi seulement, en couple ou non, je suis un être complet qui se tient droit, seul.

Ego spirituel

Samedi, en contactant la lumière, elle a colonisé mes cellules, mon corps tout entier. Elle m'a ramenée dans la matière. Dans le sexe c’est par le corps que je rejoins les étoiles, la Conscience, le Grand Vide.

J'ai vu, senti, vécu que le haut rejoint automatiquement le bas et le bas, le haut.

Tout n'est qu'une seule et même chose.

Toute entité vivante contient sa force vivante opposée. Sans elle, elle ne pourrait exister. Le sacré contient la matière et la matière le sacré.

Je suis grande et complexe

Dans l'infini simplicité 

De mon existence

Multiple et singulière

J'ai traversé le Grand Espace

Pour retourner à la matière de mon corps.

Lorsque mon esprit humain percevait "l'ici-bas" et le "là-haut", l'existence matérielle et le Sacré, comme des espaces séparés, c'est qu'il créait lui-même cette perception. 

A aucun moment ces réalités ne sont séparées.

Je fais redescendre mes perceptions, expériences mystiques, dans la normalité. J'arrête d'en faire tout un plat. J'étais dans l'égo spirituel. Je voulais que ces expériences soient valorisées. Redescendre dans la matière, c'est admettre que ces perceptions sont parties de la vie humaine, simple et normale.

La Vie pleinement, c'est sans ce fantasme de l'ailleurs. Car l’ailleurs est en réalité ici et maintenant.

Je débusque mon égo spirituel au moment où je guéris ma blessure originelle d’abandon.

Je renais. 

bottom of page